Simon @ Kaléi

Apr 23

Un clash prévisible (20/04/2009)

LA VENUE DE MAHMOUD AHMADINEJAD A LA CONFERENCE D’EXAMEN DE DURBAN SUR LE RACISME N’AURA PAS DEÇU CEUX QUI S’ATTENDAIENT A UN DERAPAGE. LES PROPOS VIRULENTS DU PRESIDENT IRANIEN ONT PROVOQUE LA COLERE DES OCCIDENTAUX.

Toute la salle des Assemblées a retenu son souffle au moment de l’entrée de Mahmoud Ahmadinejad. Le premier accident se produit avant même que le président iranien commence son discours. Plusieurs perruques multicolores apparaissent aux quatre coins de la salle et se mettent à crier « raciste, raciste ! ». Ce sont des activistes de l’Union des étudiants juifs de France. Le clown mieux placé arrive même au pied du podium et lance un nez rouge sur le prestigieux orateur, qui continue son discours, imperturbable. Tous sont rapidement évacués manu militari par les services de sécurité. Le spectacle peut continuer.


Durant son discours, le président iranien a eu tout loisir de se pencher sur bon nombre de ses thèmes de prédilections que sont la critique du libéralisme ou les ingérences occidentales au Moyen-Orient. Pour cause, avec un discours de près de 35 minutes, le président a largement dépassé les sept minutes qui lui étaient imparties. Mais c’est surtout sur le terrain de la critique d’Israël qu’on l’attendait. Mahmoud Ahmadinejad a été au rendez-vous.

Le président iranien s’est attaché à rappeler tout le mal qu’il pensait du « régime sioniste » qualifié de « criminel ». Il dénonce en outre le « recours à l’agression militaire pour priver de terre une nation entière, sous prétexte des souffrances juives et des abus sur la question de l’Holocauste. »

Ce sont les mots de trop. L’ambassadeur français quitte la salle, rapidement suivi par les représentants des 23 autres états de l’Union Européenne présents. Dante Martinelli, l’ambassadeur suisse à l’ONU, reste lui impassible au milieu d’un auditoire déchiré entre applaudissements et huées.

Imperturbable, le président iranien continue sur sa lancée et regrette le soutien occidental aux dirigeants israéliens, qualifiés d’« individus racistes responsables de génocide » et rappelle les « massacres et autres brutalités commises lors des bombardements de civils à Gaza. »
conference de presse - Ban Ki-moon - Navy Pillay - Durban - ONU
Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy a dénoncé « un appel intolérable à la haine raciste » et a appelé les pays de l’Union Européenne à une « extrême fermeté ». C’est l’instrumentalisation de la conférence comme « plate-forme pour accuser, diviser voire provoquer » qui a indigné le secrétaire général des Nations unies. Ban Ki-moon regrette que son appel à ne pas associer racisme et sionisme ainsi qu’à ne pas minimiser l’Holocauste n’ait été entendu par le président iranien, après leur rencontre plus tôt dans la journée. La Haute commissaire aux droits de l’Homme, Navy Pillay a toutefois rappelé que « la meilleure riposte face à ce type d’événement était de répondre et rectifier et non de se retirer et de boycotter la conférence. »

Ce n’est manifestement pas l’avis de la République tchèque qui s’est retirée de la conférence en réaction à la diatribe anti-israélienne du président iranien et rejoint ainsi le groupe des pays absents. Seront-ils les derniers ?

Simon (voir sa page)


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