Simon @ Kaléi

Mar 27

Comme une odeur de souffre

Après la débâcle sévèrement critiquée de la conférence de Durban contre le racisme en 2001, la Suisse s’apprête à accueillir, entre le 20 et le 24 avril, à Genève une conférence d’examen qui reste encore entourée de nombreuses inconnues.

C’est la conférence de tous les dangers. « Durban 2 » ce nom qui résonne comme un titre de mauvais film est chaque jour brandi par les plus farouches opposants à la rencontre qui aura lieu du 20 au 24 avril au Palais des Nations à Genève. Mais d’autre voix s’élèvent aussitôt pour défendre coûte que coûte cet exemple de multilatéralisme au service d’un idéal humaniste. Dans cette cacophonie, quelques acteurs de poids soufflent le chaud et le froid, à l’image des Etats-Unis qui alternent entre intransigeance et coopération, au gré des semaines. Et c’est en Suisse que se dénouera cette saga diplomatique.

Palais des Nations

Pays clé dans l’établissement du nouveau Conseil des Droits de l’Homme, la Suisse a de quoi  se réjouir de son statut de pays hôte. Après la rencontre Clinton-Lavrov, au début du mois, dans la cité du bout du lac, ce nouvel événement diplomatique ne manquera pas de réaffirmer le rôle de facilitateur qu’a la Suisse sur la scène internationale.

Mais le jeu en vaut-il la chandelle? Certes le dernier projet de déclaration finale a réussi à rassembler un consensus, à même d’éviter le scénario du pire. Mais les risques sont nombreux et les nuages s’accumulent sur le Palais des Nations. À commencer par le contexte. En 2001 la conférence se tenait sur fond de deuxième Intifada. Aujourd’hui, les esprits sont encore marqués par les puissantes images de tires de roquettes du Hamas  et de l’opération Plomb durci, menée par l’armée israélienne à Gaza. Les opinions publiques arabo-musulmanes sont autant de réelles pressions sur leurs gouvernements. Une escalade anti-israélienne durant la conférence n’est dès lors pas exclue et pourrait rapidement mener à un échec, très négatif pour l’image de la Suisse. Ce risque n’a d’ailleurs pas échappé à Micheline Calmy-Rey. La ministre des affaires étrangères le rappelait tout récemment au Club suisse de la presse : « Il est important que le nom de Genève ne soit pas associé à un échec. »

Les plus grands dérapages, en 2001, ont été le fait d’organisations non gouvernementales rassemblées en marge de la conférence.  Des discours haineux, racistes et antisémites ont occulté les efforts de lutte contre le racisme. C’est donc à ce niveau que l’attention sera concentrée cette année, notamment le 18 avril lors de la grande manifestation rassemblant nombre d’organisations. « À Genève, les ONG sont associées au processus, contrairement à Durban où elles ont tenu leur propre conférence en marge du sommet officiel» note  Muriel Berset, interrogée par l’agence InfoSud. Et la diplomate suisse en charge des droits de l’homme d’ajouter : « Il y aura aussi un important dispositif de sécurité, car nous ne voulons pas assister à des débordements racistes ou antisémites tels qu’on a pu le voir à Durban».

Le risque ne se résume cependant pas pour la Suisse à l’issue de l’événement diplomatique. Le pays est aussi partie prenante à la conférence et signataire de la première déclaration de 2001. À ce titre, des critiques pourraient se faire jour pointant du doigt les dérives racistes dont souffrirait la société helvétique. Pensons notamment aux tollés successifs suscités par les récentes campagnes de UDC. La dernière en date, l’initiative « contre la construction de minarets », en est un bon exemple. Oskar Freysinger (UDC/VS), membre du comité d’initiative, se soucie guère des réactions hostiles de l’étranger et affirme même avoir reçu de bon échos, notamment des USA. Pour lui, le dernier projet de déclaration final « n’est qu’un un exercice de style machiavélique truffé d’euphémismes. » Et le politicien d’ajouter : « Je ne crois pas du tout à cette conférence et reste convaincu que la Suisse devrait se retirer. »

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[Photo Flickr de mairabc, myblackboxrocks]


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Mar 15

Reprendre la cave familiale ?

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Mar 5

“Il n’y avait pas cette peur de pas trouver quelque chose”

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L’attitude des employeurs

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Feb 23

“C’était durant la guerre”

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Feb 12

“En cas de problème, ce sont les fournisseurs qui sont responsables”

Cette épicerie asiatique est sur le point de fermer. Son patron va et vient, chargé de sacs et de cartons de marchandises. Il se faufile avec aisance dans l’étroit couloir qui sépare des étagères remplies. D’origine vietnamienne, il a commencé par travailler comme traiteur avant d’ouvrir son commerce d’alimentation asiatique. Comment se procure-t-il les produits? Entre deux déchargement, il explique: “Les fournisseurs ont tout! S’il manque quelque chose, je les appelle et l’on est aussitôt livré!” Il précise: “Les produits sont surtout vietnamiens, thaïs ou philippins. On n’a presque pas de produits chinois. Il y a beaucoup de problème avec les produits chinois. Si ça vient de Hong Kong, c’est différents.”

“Jusqu’à maintenant, aucun article n’a été retiré de la vente, dans mon magasin”, relève le commerçant. Tout en s’occupant d’une cliente à la caisse, il ajoute :  De toute façon il y a trop de produits, on ne peut pas connaître toutes les réglementations. En cas de problème, ce sont les fournisseurs qui sont responsables.”

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Feb 11

Etienne Piguet, Professeur à l’Institut de géographie à l’Université de Neuchâtel, au sujet du commerce ethnique.

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Pâtés de poisson rose, oeufs de morue assaisonnés et anguilles en sauce

Les portes automatiques s’ouvrent. Des clients se faufilent entre les rayons chargés de produits inconnus. D’autres sont assis dans un coin restaurant. Sol carrelé, lumière des néons et bourdonnement des réfrigérateurs. Derrière deux caissières affairées, sur une étagère, un chat jovial en plastique salue les passants de la patte.

Un homme aux traits asiatiques et aux lunettes carrées apparaît entre deux rayons et s’approche d’un pas rapide. Depuis dix-huit ans déjà, Monsieur Uchitomi est le patron du magasin du même nom. “Auparavant, j’étais pâtissier-confiseur, en indépendant. Comme pâtissier-confiseur, en Suisse, la concurrence était dure” affirme-t-il. “Je me suis alors tourné vers l’alimentation japonaise.” Il ajoute: “Dans un premier temps, je travaillais directement avec une société d’import-export japonaise.”

Sacs de riz entassés, bouteilles de saké ou vinaigre de riz, la céréale domine invariablement les présentoirs. Au fond de congélateurs rutilants, se côtoient pâtés de poisson rose, oeufs de morue assaisonnés et anguilles en sauce. “Avec les bilatérales, les réglementations sont devenues plus strictes.” Monsieur Uchitomi ajoute: “Certains produits sont introuvables comme le calamar frais, assaisonné … au foie de calamar.

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“J’ai d’abord travaillé comme chef comptable dans la banque à Genève”

Dans une légère obscurité, le magasin s’étend en profondeur. Le ronron des réfrigérateurs, un air de pop commerciale et les échos d’un feuilleton égyptien s’entremêlent. Sous le poste de télévision, un écran de vidéosurveillance surplombe une caisse enregistreuse à l’allure massive. En face, est assis Monsieur Bebars Mafoz. L’homme porte des lunettes aux verres fumés et une courte barbe poivre et sel. “J’ai d’abord travaillé comme chef comptable dans la banque à Genève. Je me suis ensuite mis à mon compte, il y a seize ans, en lançant cette épicerie” explique le patron du Maya Shop. Face à lui, couvert de boîtes de sucreries et de sacs en plastic, le tapis roulant ne roule plus depuis longtemps.

“J’ai commencé par importer des produits orientaux moi-même. Les premières fois, c’était difficile. Il faut réunir toutes sortes de papiers et ils doivent être en règle. Mais après quelques fois, ça va. Aujourd’hui encore, s’il me manque un produit, je l’importe directement. Pour m’aider, j’ai de la famille en Egypte et plusieurs contacts au Liban.”

Dans une étagère usée en métal, miroir et verre, sont empilés des paquets de tabac pour narguilé. À côté, des cassettes de musique populaire orientale remplissent un carton estampillé Marlboro. Dans les réfrigérateurs des briques de lait hallal voisinent les emballages de gorgonzola et  de Gruyère.

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Jan 6

Helton : Un ballon et des béquilles

Rencontré dans les Rues Basses genevoise, Helton émerveille de par son habilité à jongler avec ses béquilles.

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Dec 29

Vous avez peut-être déjà croisé Josef, son orgue de barbarie et son chat, sur le pavé genevois. En exclusivité pour votre site préféré, le virtuose de la manivelle dévoile ce qui se cache sous le capot de son instrument.

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Dec 21

Reportage: une nuit avec des SDF à Genève

Les nuits les plus froides de l’hiver, des travailleurs sociaux sillonnent Genève à la recherche de sans-abri. Ce soir Olivier et Jérémie distribueront vêtements chauds et nourriture à ceux qui refusent de se rendre dans les abris de la protection civile.
maraude du froid bus interieur
Mais comment localiser ces gens en danger de mort ? « Beaucoup de personnes nous aident comme les promeneurs de chiens, les Sécuritas ou d’autres sans-abri. » explique Olivier.
bus du froid
Après cinq heures de « maraude», les deux travailleurs sociaux auront réussi à prendre contact avec quatre sans-abri. Mais un seul aura accepté de l’aide sous la forme d’un pull en laine, d’une portion de soupe et de quelques mètres de plastique pour se protéger du froid.
bus du froid
Les autres auront refusé toute forme d’aide. Un sans-abri de plus de 70 ans aura même nécessité l’intervention des Urgences Sociales. Mais son état n’étant pas suffisamment critique et sa résistance tenace, il restera cette nuit encore dans la rue.

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Dec 20

Journal de rue : “Une matinée à 12 francs”

Le matin, le froid est piquant. Jean-Luc se roule une cigarette et l’allume. À la main, il tient une pile de« Feuille de trèfle » ce journal qui se présente lui-même comme le « journal de Genève… des gens en rade ».

journal de rue
« Depuis 1897, il existe à Genève une loi associant la vente dans la rue à de la mendicité. » Et Noël Constant, le fondateur du journal, de s’emporter « Aujourd’hui, comme pour les musiciens de rue, il est nécessaire de payer une patente pour vendre un journal sur les trottoirs, même pour ceux qui n’ont pas un radis ! ». Un accord a cependant été trouvé avec la police et le Conseil d’Etat. Sans changer la loi, une exception permet à la« Feuille de trèfle »d’être distribuée librement dans le canton.

Plusieurs journaux co-existent dans les rues romandes. Certains comme « Objectif Réussir », édité dans le canton de Neuchâtel, ne se limite pas à une diffusion locale. Billingue, il est distribué de part et d’autre de la Sarine. D’autres publications, venues de France voisine, sont aussi vendues sur nos trottoirs.

Au-delà de l’origine, ces différents journaux fonctionnent de la même façon. Des personnes en difficulté rédigent des textes qui sont ensuite corrigés par des écrivains publics. Dans ces pages, des petites histoires du quotidien ou des poésies côtoient des jeux ou des commentaires sur l’actualité politique.

journal de rue

Lorsqu’une personne « sans un radis » décide de se mettre à vendre le journal, il reçoit d’abord gratuitement entre vingt et trente exemplaires. Les suivants sont payés 1 franc la pièce. Comme le prix de vente est « à bien plaire » les revenus varient au gré de la générosité des acheteurs.

La Feuille de trèfle, qui a fêté ses quinze ans samedi dernier, est éditée par l’association Carrefour-Rue, elle-même financée par des dons et des subventions. Avec un prix de vente de 1 franc, le journal n’est pas rentable. « Sans la publicité et si l’on rajoute le salaire de la secrétaire, on peut dire que c’est  coûteux. » explique Noël Constant.

Jean-Luc n’écrit pas dans les colonnes du journal. Ce qui lui plaît, c’est le contact et l’échange direct avec les acheteurs. « Même si je ne veux pas me prendre la tête, j’ai un rôle social à jouer » assure Jean-Luc. Le chômeur en fin de droit explique : « Je rends parfois aussi des petits services, en aidant quelqu’un à changer une lampe ou un rideau. »
journal de rue
Le contact est important, mais naturellement aussi le petit peu d’argent qu’il peut en retirer. « Un samedi matin, en trois heures, je peux me faire entre 50 et 65 francs. Ça fait rire les vendeurs plus expérimentés qui écoulent bien plus de journaux et calendriers que moi. » raconte Jean-Luc qui vend le journal depuis bientôt une année.

En plus de l’aide sociale, cet argent est le bienvenu pour compléter le modeste revenu qu’il tire d’une conciergerie

En plus de l’aide sociale, cet argent est le bienvenu pour compléter le modeste revenu qu’il tire d’une conciergerie « qui ne suffit même pas à payer le loyer » de l’appartement dans lequel il vit avec sa femme et ses enfants.

Il est 11h30 du matin. Après 2h30 passées dans la rue, Jean-Luc rentre chez lui avec ce mardi, dans sa poche, à peine plus de 12 frs.


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