Simon @ Kaléi

Feb 13
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L’arrivée du cinéma numérique, une révolution sans précédent dans l’histoire du 7e art. Les investissements lourds qu’il implique mettent en danger de nombreuses petites et moyennes salles en Suisse. Le métier de projectionniste traditionnel est sur le point de disparaître. Simon Pittet

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Feb 7
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“C’est la 31e fois que je vais voir Avatar”. Un habitué du plus grand multiplexe de Suisse nous a invité à l’accompagner à la projection du film de James Cameron. Un reportage au cœur du phénomène Avatar. Simon Pittet

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Feb 2

Le keffieh "made in Palestine" fait de la résistance

REPORTAGE. Symbole de la cause palestinienne, le keffieh est aujourd’hui aussi un  accessoire de mode incontournable. Les ventes mondiales explosent mais la dernière usine palestinienne peine à faire face à la concurrence du “made in China”. (Interprète. Qais Arafat Photos. Joseph Melin Vidéo/Montage/Texte. Simon Pittet)


Sur un vieux fauteuil tassé par les années trône un vieil homme coiffé d’un keffieh noir et blanc. Il dort. Après un demi-siècle passé dans son usine, le fracas métallique des métiers à tisser ne dérange plus la sieste de Yaser Hirbawi. Tout au contraire. Joda, son fils, s’amuse: “c’est quand elles s’arrêtent qu’il se réveille.”

“C’est en 1960 que j’ai acheté mes premier métiers à tisser japonais et ils fonctionnent toujours. Je les avais fait venir par la Syrie” relate fièrement ce natif d’Hébron qui, à 80 ans, veille toujours sur son troupeau de machines bruyantes.

La première Intifada, une période extraordinaire

Les années suivant l’ouverture de l’usine, le nombre de machines et d’employés augmentent au rythme des affaires. C’est l’âge d’or du keffieh “made in Palestine” et rien ne peut arrêter la croissance de la “Hirbawi Textile Factory”. Pas même la première Intifada qui éclate en 1987. “À cette époque nous étions presque les seuls à occuper le marché”,  explique Joda, le fils du fondateur. C’était une période extraordinaire. Tout le monde achetait nos keffiehs!”

De 1000 à 80 pièces par jour

Les choses ont bien changé en 2009. En deux décennies, la production s’est écroulée de 1000 à 80 pièces par jour. Des 70 collaborateurs d’autrefois, ils n’en reste que quatre. La plupart des machines se sont tuent. “C’est à cause des keffiehs chinois! Il sont beaucoup moins chers.” se fâche le vieil homme. Et son fils de préciser: “Au débuts des années 2000, lors de la seconde Intifada, les produits chinois ont commencé à envahir le marché palestinien. Mais ça fait cinq ans que nous avons vraiment senti le changement.”

À la concurrence croissante des produits asiatiques - chinois mais aussi indiens - s’ajoute un rétrécissement des débouchés. Avec le verrouillage de la Cisjordanie, les Hirbawi ne peuvent écouler leurs marchandises ni dans la bande de Gaza ni en Israël. Joda constate :”le keffieh est un bien durable et le marché palestinien est totalement saturé. Seul les touristes en achètent encore. C’est vraiment difficile.”

Inaction de l’Autorité palestinienne

Ce qui révolte le plus Yaser Hirbawi c’est l’inaction de l’Autorité Palestinienne. Le vieil homme fait tournoyer dans ses mains un trousseau de clés imposant et s’indigne :”Ils auraient du mettre davantage de barrières à l’importation pour protéger l’industrie locale. Pour nous protéger!” Joda poursuit: “les produits chinois sont seulement taxés 17% à l’importation. Ce n’est pas suffisant.” Mettant en doute la fibre patriotique des dirigeants palestiniens Joda s’interroge : “D’où proviennent tous les keffiehs distribués ces jours-ci par le Fatah à son congrés de Bethléem? En tous cas pas de chez nous!”

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"Le bodybuilding, une sorte de liberté" [vidéo]

Reportage croisé sur le bodybuilding entre Israël et les Territoires Palestiniens. (Photo. Joseph Melin Son/Montage. Simon Pittet)

  • Maor Zaradez est un bodybuilder israélien professionnel habitant à Tel-Aviv.
  • Muhannad Al Resheq est un bodybuilder arabe israélien amateur habitant le vieux Jérusalem.
  • Amjad Al Zain est un bodybuilder palestinien semi-professionnel habitant à Ramallah.

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"Le bodybuilding, une sorte de liberté"

Amjad Al Zain est le favori de la plus importante compétition de bodybuilding des Territoires occupés. Reportage à Ramallah sur un sport qui suscite un engouement croissant. Photo. Joseph Melin Texte. Simon Pittet

En ce vendredi, jour de prière, tout un monde s’est donné rendez-vous à la plus importante compétition de bodybuilding de Palestine. Le Palais de la Culture de Ramallah palpite au rythme des percussions et des applaudissements. Certains agitent l’étendard de leur salle de fitness, d’autres le drapeau national. La salle est quadrillée par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. La télévision est là, tout comme les photographes.

En coulisse, Amjad Al Zain est concentré. À 36 ans, ce bodybuilder de Ramallah a déjà gagné une douzaine de prix en Palestine et à l’étranger. Même pour lui, la pression est considérable. Ses six derniers mois ont été rythmés par un entraînement intensif. Son cadre: la salle «Oxygen gym».

Amjad Al Zain, avant de monter sur scène (Joseph Melin ©2010)

Amjad Al Zain, avant de monter sur scène (Joseph Melin ©2010)

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C’est dans ce fitness de Ramallah que les entraînements ont lieu. Ici, l’effervescence poussiéreuse de la ville est vite oubliée. Les clients se dépensent - et dépensent - sur des machines rutilantes importées d’Israël. Chaque tapis-roulant à son écran de télévision qui diffuse des séries américaines et égyptiennes. De part et d’autre des fenêtres laissent entrer des rayons de soleil et offrent une vue plongeante sur la ville et le camp de réfugiés d’Al Amari.

Une femme comme coach

«Go Amjad Go !» scande Sanaa Alwan, sa coach personnelle. À 40 ans cette Palestinienne, mère de quatre enfants, est l’unique femme à entraîner un bodybuilder dans les Territoires occupés. Alors que son poulain enchaîne les mouvements sur un rameur, elle explique: «ce qui compte à quelques jours de la compétition, c’est de répéter les mouvements et baisser les poids.»

Stéroïdes «indispensables»

Entre deux exercices, Amjad Al Zain se confie : «ma femme ne partage pas ma passion pour le culturisme, en particulier durant les dernières semaines de préparation. Je deviens irascible et peine à me contrôler. Je me lève souvent au milieu de la nuit avec une faim démesurée.» A-t-il recours aux stéroïdes ? «Ils sont indispensables à ce niveau, assure le bodybuilder, avant de préciser je les injecte au-dessus du muscle fessier, les trois mois qui précèdent les grandes compétitions».

En complément à ces substances anabolisantes, l’arsenal du champion comporte aussi de la créatine, des acides aminés et des compléments alimentaires riches en vitaminés et protéines. «Le tout me coûte environ 3’000 shekels (540€) par mois.» Financer ce «régime» n’est pas vraiment un souci pour Amjad qui, en plus d’un magasin de compléments alimentaires, possède la moitié de l’Oxygen Gym.

Propositions du Fatah

La stature de Goliath d’Amjad Al Zain n’a pas que des avantages. Au plus fort de la seconde Intifada, elle lui aurait valu quelques jours derrière les barreaux. Ce père de famille raconte aussi les coups et les insultes récoltés lors de passages de checkpoints, contrôlés par l’armée israélienne. Mais du côté palestinien aussi, le colosse ne passe pas inaperçu. «Il y a une semaine, des dirigeants du Fatah m’ont demandé d’encadrer la formation des forces de sécurité.» Au programme: musculation et diététique des troupes. Une offre qu’il a déclinée. «Je ne me mêle pas de politique» explique Amjad.

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Supporters venus du camp de réfugiés voisin

Retour dans la salle. À peine l’hymne national terminée, deux pôles d’excitation s’affirment. Près de la scène, des supporters de Solo Gym, agitent de grands étendards et soutiennent les membres de leur fitness par de puissants hurlements. Plus haut, près des entrées, les supporters venus du camp de réfugiés d’Al Amari s’agitent et invectivent le jury. Munis d’un mégaphone et d’une darbouka, un instrument de percussion local, ils couvrent même la voix excédée de l’organisateur.

Bodybuilder à 75 ans

Peu avant le passage d’Amjad, un invité-surprise entre sur scène. Fathi al Shami, à 75 ans et en caleçon rouge, est le fringant doyen des bodybuilders palestiniens. Derrière lui sont alignés neuf trophées  pour  les vainqueurs de chacune des catégories de poids. Une plus grande coupe dépasse. Elle est destinée au grand vainqueur de la compétition. Mais Amjad, prêt à monter sur scène, sait que les jeux sont faits. Le jury a déjà décidé qui seront les vainqueurs et qui seront les perdants.

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C’est loin du marbre clair et de la climatisation du Cultural Palace, dans un bâtiment défraîchi de Ramallah, que les athlètes se sont présentés devant le jury, plusieurs heures avant la compétition. Devant l’entrée, les équipes venues des quatre coins de la Cisjordanie se retrouvent. Des groupes se forment autour des voitures rutilantes.

«Je n’ai pas dormi de la nuit»

Avec un petit retard, Amjad arrive au volant de son 4x4 importé des USA. Ces dernières heures ont été pénibles. «Je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai beaucoup pensé. J’ai eu soif». Les derniers jours précédant la compétition, nombreux sont les bodybuilders à ne plus ingérer de liquide. Cette technique très éprouvante a déjà valu à Amjad un évanouissement, il y a quatre ans.

Première étape, la pesée. Elle a lieu dans un petit bureau au plafond bas qui semble encore plus exigu lorsque les armoires à glace de l’Oxygen Gym s’y pressent. Dans cette atmosphère suffocante, un ventilateur poussif remue vaguement l’air. Les hommes se succèdent sur une vieille balance. 80.2kg indique un petit écran fatigué. Le poids d’Amjad. Un homme assis à un petit bureau inscrit le chiffre dans un livre et lui tend le numéro 31 inscrit sur une petite étiquette à accrocher sur son caleçon.

Avant de passer devant le jury, les athlètes s’enduisent d’huile bronzante et font quelques exercices. Sanaa, la coach, explique: «Il s’est rasé, il y a quatre jours pour que l’huile tienne mieux sur sa peau». Totalement concentré, Amjad parle peu. Autour de lui trois personnes remuent l’air à l’aide de serviettes ou de dossiers tachés d’huile bronzante.

Quelques minutes plus tard, le moment est venu de se présenter. Des fans euphoriques interpellent leurs favoris et les immortalisent à l’aide de téléphones portables. L’excitation est telle que le jury peine à voir les bodybuilders. Exaspéré, un organisateur se lève et repousse tant bien que mal le public.

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Breakdance maladroite

Amjad entre sur scène avec le groupe des 80-85 kg. Chacun enchaîne les positions, un sourire figé au milieu du visage. Un culturiste se met à faire une roue puis des saltos. Le suivant s’essaie à des mouvements de breakdance maladroits. Dans le public, l’agitation est à son comble. Subitement, deux fans se lèvent et déplient un grand poster à l’effigie de leur favori. Leurs voisins les repoussent aussitôt, furieux d’être privés de spectacle, ne serait-ce qu’un instant. Gagner dans sa catégorie n’est presque qu’une formalité pour Amjad qui, sans surprise, sort de scène une petite coupe à la main.

Les forces de sécurité du Fatah

Dans la salle bondée de supporters, des tenues de camouflage urbain trahissent la présence des forces de sécurité du Fatah. Postés au quatre coin du Cultural Palace, les agents ont leurs mains posées sur leurs fusils mitrailleur (AK-47). Les recrues interviennent aux premiers débordements. Sanaa confie: «en Palestine, à chaque évènement, quel qu’il soit, tu as toujours peur.»

Après le passage des poids-lourds, Amjad revient sur scène, cette fois accompagné des vainqueurs de chacune des catégories. Sur une musique électronique new age, il exhibe une dernière fois ses muscles. Un vacarme de cris et de sifflets s’élève de la foule:«Amjad, Amjad!» . Le bodybuilder, ébloui par les projecteurs, ne voit pas les signes fébriles que lui fait sa mère, depuis le centre de la salle.

Le jury se prépare finalement à annoncer le grand vainqueur de la journée. Au coeur du public la femme d’Amjad est entourée de ses deux filles, déjà prêtes à amener un bouquet à leur père triomphant.

À cause d’une blessure

Au micro, le représentant du jury lit le nom du champion… «Nabil El Tamari, de Bethléem». La déception est perceptible mais contenue. Sanaa explique aussitôt:«ce sont les jambes qui ont fait la différence. Une blessure au début de l’année l’a empêché d’aller jusqu’au bout de son potentiel.»

Sur la scène, il ne reste qu’une poignée de proches d’Amjad, ses amis, sa famille. La salle est déjà presque vide. Les fans sont rentrés chez eux, les yeux et les appareils photos remplis d’images inoubliables.

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«Une sorte de liberté»

En définitive, comment expliquer cet engouement pour le culturisme? Khaled, un bodybuilder de l’Oxygen Gym, a sa réponse: «en Palestine, les gens sont de plus en plus éduqués et ont donc plus facilement accès à toute la documentation en anglais sur Internet, dans des magazines ou des livres. » Mais selon cet informaticien, un autre facteur explique la popularité croissante de cette discipline. «Dans notre pays, il est difficile de se déplacer avec le morcellement des Territoires et les checkpoints. Par contre, tu peux faire du bodybuilding où et quand tu le souhaites. C’est déjà une sorte de liberté

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Apr 25

Durban 2 à l’heure du bilan

ANALYSE. C’EST HIER QUE LA CONFERENCE D’EXAMEN DE DURBAN SUR LE RACISME S’EST CLOSE DANS UNE ATMOSPHERE RESOLUMENT TEINTEE D’AUTOSATISFACTION. MAIS A L’HEURE DU BILAN, LE CONSTAT EST PLUS MITIGE.

Si le discours enflammé de Mahmoud Ahmadinejad représente sans aucun doute un moment fort de cette conférence, personne ne peut raisonnablement parler de surprise. Tout comme les coups de forces d’organisations pro-israéliennes, largement relayées ou l’absence de plusieurs états, la diatribe anti-occidentale et anti-israélienne du président iranien était attendue dès l’annonce de sa venue, deux semaines plus tôt.

« Il y a clairement un effet Obama, dans la conférence »

La surprise réside davantage dans l’adoption rapide du texte final, dès le second jour de la conférence, à l’unanimité des 182 états présents. « S’il y a un événement, c’est le texte. Il est bien meilleur que toutes les résolutions adoptées par le Conseil des Droits de l’Homme ces dernières années sur le racisme » souligne Adrien-Claude Zoller. Et le directeur de Genève pour les Droits Humains de remarquer « Il y a clairement un effet Obama, dans la conférence. On aurait jamais pu obtenir un consensus si large si on avait pu diaboliser les Etats-Unis. On pouvait dire que Bush était un vulgaire raciste  et c’était assez vrai. On peut difficilement accuser Obama de racisme. »

Malgré ce constat réjouissant, la liste des perdants de Durban 2 est longue. Elle commence par tous les groupes de victimes du racisme qui n’apparaissent pas dans le document final. Les intouchables indiens, mais surtout les homosexuels comptent parmi ces victimes de la realpolitik. Ceux-ci ont notamment servi de monnaie d’échange pour les occidentaux permettant l’abandon par le groupe des pays arabo-musulmans de la mention de diffamation des religions, une notion considérée comme un péril pour la liberté d’expression.

« C’est finalement Mahmoud Ahmadinejad qui s’affirme comme héro de la rue arabe »

Le groupe des pays arabes, et plus largement celui de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), doivent aussi se sentir un peu  groggy au moment des comptes. Ils avaient consenti à de réels sacrifices lors des négociations, en particulier sur le fait de ne pas mentionner le conflit israélo-palestinien. Et c’est finalement Mahmoud Ahmadinejad, grâce à son discours virulent à l’égard du « régime sioniste », qui s’affirme comme héro de la rue arabe.

Du départ précoce de l’Italie à la défection tchèque de lundi soir, les pays de l’Union Européenne n’ont, quant à eux, pas manqué cette nouvelle occasion qui s’offrait de montrer leur désunion en matière de politique étrangère. Cette cacophonie est d’autant plus surprenante que c’est dans le cadre du Conseil des Droits de l’Homme que ces mêmes pays européens avaient su faire le plus preuve d’unité.

Cette discordance manifeste ne doit toutefois pas éclipser un vrai succès diplomatique. Les « lignes rouges » fixées par les pays occidentaux n’ont pas été franchies. Les mentions d’Israël ou de diffamation des religions n’ont ainsi pas trouvé de place dans la déclaration finale.

« La conférence s’est close dans un concert d’autocongratulations »

La conférence de 2001 à Durban, en Afrique du Sud, avait été le triste théâtre d’une inflation victimaire et de sérieux dérapages antisémites. En comparaison, la conférence de cette semaine représente sans conteste un grand succès. Et c’est d’ailleurs sans surprise que la conférence s’est close dans un concert d’autocongratulations.

Cité par Swissinfo, Dante Martinelli, le chef de la délégation suisse se félicite de voir que «la Genève internationale a confirmé sa qualité comme lieu de réunion même pour des rencontres difficiles et controversées ». Navy Pillay, sans surprise, « considère que la conférence a été un succès ». Mais la Haut Commissaire aux Droits de l’Homme a aussi profité de cette dernière journée pour dénoncer « une vaste campagne de désinformation savamment orchestrée » visant à faire passer la conférence pour « un échec et un festival de la haine. »

Certains voient déjà les nuages s’amasser au loin. Pour Adrien-Claude Zoller « Après la conférence, contrairement à ce que l’on peut penser, tous ces sujets là vont se durcir. Parce que la négociation a marqué un durcissement de toutes ces positions dans les coulisses. Le groupe des pays arabes, par exemple, a dû « avaler la pilule » et dans deux ou trois mois, il va y avoir des confrontations sur la Palestine. Je suis convaincu que là, ça va mal tourner. »

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Apr 23

Un clash prévisible (20/04/2009)

LA VENUE DE MAHMOUD AHMADINEJAD A LA CONFERENCE D’EXAMEN DE DURBAN SUR LE RACISME N’AURA PAS DEÇU CEUX QUI S’ATTENDAIENT A UN DERAPAGE. LES PROPOS VIRULENTS DU PRESIDENT IRANIEN ONT PROVOQUE LA COLERE DES OCCIDENTAUX.

Toute la salle des Assemblées a retenu son souffle au moment de l’entrée de Mahmoud Ahmadinejad. Le premier accident se produit avant même que le président iranien commence son discours. Plusieurs perruques multicolores apparaissent aux quatre coins de la salle et se mettent à crier « raciste, raciste ! ». Ce sont des activistes de l’Union des étudiants juifs de France. Le clown mieux placé arrive même au pied du podium et lance un nez rouge sur le prestigieux orateur, qui continue son discours, imperturbable. Tous sont rapidement évacués manu militari par les services de sécurité. Le spectacle peut continuer.


Durant son discours, le président iranien a eu tout loisir de se pencher sur bon nombre de ses thèmes de prédilections que sont la critique du libéralisme ou les ingérences occidentales au Moyen-Orient. Pour cause, avec un discours de près de 35 minutes, le président a largement dépassé les sept minutes qui lui étaient imparties. Mais c’est surtout sur le terrain de la critique d’Israël qu’on l’attendait. Mahmoud Ahmadinejad a été au rendez-vous.

Le président iranien s’est attaché à rappeler tout le mal qu’il pensait du « régime sioniste » qualifié de « criminel ». Il dénonce en outre le « recours à l’agression militaire pour priver de terre une nation entière, sous prétexte des souffrances juives et des abus sur la question de l’Holocauste. »

Ce sont les mots de trop. L’ambassadeur français quitte la salle, rapidement suivi par les représentants des 23 autres états de l’Union Européenne présents. Dante Martinelli, l’ambassadeur suisse à l’ONU, reste lui impassible au milieu d’un auditoire déchiré entre applaudissements et huées.

Imperturbable, le président iranien continue sur sa lancée et regrette le soutien occidental aux dirigeants israéliens, qualifiés d’« individus racistes responsables de génocide » et rappelle les « massacres et autres brutalités commises lors des bombardements de civils à Gaza. »
conference de presse - Ban Ki-moon - Navy Pillay - Durban - ONU
Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy a dénoncé « un appel intolérable à la haine raciste » et a appelé les pays de l’Union Européenne à une « extrême fermeté ». C’est l’instrumentalisation de la conférence comme « plate-forme pour accuser, diviser voire provoquer » qui a indigné le secrétaire général des Nations unies. Ban Ki-moon regrette que son appel à ne pas associer racisme et sionisme ainsi qu’à ne pas minimiser l’Holocauste n’ait été entendu par le président iranien, après leur rencontre plus tôt dans la journée. La Haute commissaire aux droits de l’Homme, Navy Pillay a toutefois rappelé que « la meilleure riposte face à ce type d’événement était de répondre et rectifier et non de se retirer et de boycotter la conférence. »

Ce n’est manifestement pas l’avis de la République tchèque qui s’est retirée de la conférence en réaction à la diatribe anti-israélienne du président iranien et rejoint ainsi le groupe des pays absents. Seront-ils les derniers ?

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Cérémonie de commoration de la Shoah, sur la Place des Nations

Lundi 20 avril 2009 - Face au Palais des Nations et en marge de la conférence d’examen de Durban sur le racisme, c’est déroulée la cérémonie du souvenir de la Shoah : Emotion et important dispositif de sécurité.

Yom Ashoah - Durban - Geneva - Geneve - ONU - securite

Yom Ashoah - Durban - Geneva - Geneve - ONU


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Apr 21

Conference de presse après l adoption formelle du texte final de la conference d examen, en fin d’après-midi, ce mardi.


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Activistes bloquant l'acces à la conférence de presse du président Ahmadinejad


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Apr 20

Réactions de Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies, et Navi Pillay, Haut-Commissaire aux droits de l’homme après le discours virulent du président iranien.


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Des activistes bloquent la sortie de la conference de presse du president iranien.

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Conférence de presse avec Youri Boychenko

“Rien dans ce document ne pourrait empêcher un état de participer à la conférence. Le retrait de ces états est de mon point de vue le signal d’un manque d’engagement politique et de volonté de lutter contre le racisme et la xénophobie. C’est leur problème et ils continueront à faire face  au problèmes de racisme dans leurs pays, problèmes qui malheureusement augmentent.”

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Mahmoud Ahmadinejad VS Ban Ki-moon

Le “star-system” onusien  en quatre images. Une salle bondée de journalistes et cameramens pour écouter le président iranien. Alors que la salle est nettement moins remplie pour questionner le secrétaire général, Ban Ki-moon et le haut commissaire aux droits de l’homme, Navy Pillay.

VS


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Apr 19

Suivre l'évènement de l'intérieur

Demain débute la conférence d’examen de Durban sur le racisme à Genève. Après l’annonce de la venue du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et du retrait des Etats-Unis, la conférence s’annonce tendue et nul ne saurait parier sur son issue.

Pour suivre l’évènement au jour le jour, rendez-vous sur ce blog et sur ce flux twitter. Des billets plus complets suivront les semaines suivantes sur ma page Kaléi.

N’hésitez pas à envoyer vos questions, suggestions et commentaires.

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[Photo Flickr de nantel]


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